Lise Genz

La maison du silence

In Le Journal on 11 mai 2009 at 10:27

1 mai  2009 014

Il arrive qu’un fleuve fasse cadeau d’une barque, que le ciel touche terre, qu’au pied de l’arc-en-ciel on retrouve la vie, qu’une simple caresse rallume les visages. J’habite pour un temps la maison du silence. J’attends une voix plus douce que la mienne. Les morts quelque fois rendent visite aux vivants. J’ai laissé sur la page une miche de pain, les miettes d’un poème, une ligne brisée. J’attends parmi les draps de l’aube une chaleur nouvelle. Vivre, c’est aimer. C’est remettre à leur place les rois de l’illusion, les imams, les banquiers, les prophètes de malheur. C’est rayer de la carte la croix et la bannière. Les différences de peau colorent l’espérance sans qu’on hisse un drapeau. C’est redonner à l’homme son âme, remplacer la monnaie par les battements du cœur, donner sa chance au rêve. C’est écrire sur les murs avec une plume d’ange. C’est recoudre la vie entre la plaie et le couteau. C’est semer dans les ronces la fleur du bonheur. C’est faire d’une goutte la naissance d’un fleuve.

 

Lise la suite : http://lafreniere.over-blog.net/article-31226964.html

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  1. J’aime ce texte de Lafrenière Jean-Baptiste

  2. Oui, moi aussi. Je n’aime pas TOUT ce qu’il écrit, mais ce texte là, je le trouve fort.