Sur l’écran vide au ciel de lit, dans la peur blanche de mes nuits noires, je dessine l’absence. Dévide le film en blanc et noir sans les couleurs d’un passé proche, retrouvé au fond de ma poche, dans les plis d’un mot oublié.
Jetterons-nous tous les enfuis, tous les malheurs et tous les cris ? Où va l’amour que rien ne suit, où va le temps, où va la nuit ?
Figé en image insolite, nuages absurdes à la magritte, le ciel s’enferme dans son rien, la lune va, part et revient, et moi j’attend sans lendemains. Dans la chambre vide de toi, au creux des draps sans ta chanson, ma peur se met à l’unisson.
Je projette l’ombre au plafond, le reflet de l’eau dehors bouge en des couleurs de lune rouge.
Adieu l’été bonjour l’hiver, dehors le froid nous enclosure, le vide blanc la neige dure, et ce ciel vide par dessus tout. Les toits se meurent, vides de toi qui savait si bien les décrire. Les oiseaux bougent sans un cri en longs tracés d’envols rapides. Les cheminées ne fument plus, vides de feu où tu n’es plus.
Et moi je meurs de froid sans toi, ivre de vide et je dérive.
Sur l’écran gris de mes pleurs vertes, je cherche les couleurs de vie, le bleu si clair de ton regard, et le blond pale de tes mêches. Un sourire en deux rouges offert, et l’éclat blanc entre tes lèvres. Sur le fond sombre de l’absence, ne plus rien avoir dans les mains, qu’un souvenir de joie entière pleine et ronde comme un ballon, donnée en merci de bonheurs dans le temps des amours humaines.
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CC – 2007